..À PROPOS..

Gabrielle Lerch

1993

Vit et travaille à Bruxelles

L’artiste plasticienne Gabrielle Lerch développe un travail sculptural mêlant céramique et vidéo, qu’elle met en scène au sein d’installations. Ses pièces ne sont pas envisagées de manière isolée, mais comme les éléments d’un écosystème global aux formes sinueuses, où s’entremêlent costumes, masques, drapés et podiums, empruntés aux dispositifs scéniques. Ces environnements invitent à s’interroger sur des formes hybrides qui brouillent les frontières entre corps humain, animal et objet.

L’artiste construit un récit qui invite le·la spectateur·ice à s’interroger sur une possible mutation des corps humains vers des formes hybrides, dotées d’attributs aquatiques ou fongiques. Les corps y apparaissent fragmentés, recomposés, soumis à des logiques de transformation. Les surfaces et les formes des sculptures, organiques et visqueuses, contrastent avec des matériaux métalliques et inanimés.

Dans ses installations, Gabrielle Lerch crée une tension entre attraction et douceur, répulsion et contrainte. Des éléments issus de registres industriels — acier, chaînes, hameçons — introduisent une dimension de violence concrète. Ils renvoient à des pratiques de contrôle et mettent en évidence l’assujettissement d’une partie des êtres vivants.

En scénarisant un retour à un état larvaire, Gabrielle Lerch souligne une connexion fondamentale à l’eau, envisagée comme milieu d’origine et vecteur de mutation. Son univers convoque un futur peuplé de bélugas, de limaces de mer, de méduses et autres créatures tentaculaires. Il suggère que la survie des humains implique de renverser les rapports de domination en se laissant coloniser par les êtres aquatiques.

Ici, la métamorphose relève d’une forme de « biohumanisme » qui sous-entend un ralentissement, un affaissement volontaire. À rebours des logiques de croissance, régresser devient une manière d’échapper à l’injonction de développement et d’habiter le monde.

 

ENGLISH //

Gabrielle Lerch develops a sculptural practice blending ceramics and video, which she stages within installations. Her pieces are not conceived in isolation, but as elements of a global ecosystem with sinuous forms, where costumes, masks, drapes, and podiums—borrowed from theatrical devices—intertwine. These environments invite viewers to question hybrid forms that blur the boundaries between human, animal, and object.

The artist constructs a narrative that invites the viewer to question a possible mutation of human bodies toward hybrid forms, endowed with aquatic or fungal attributes. Bodies appear fragmented, recomposed, and subjected to logics of transformation. Organic and viscous surfaces contrast with metallic and inanimate materials.

The artist’s installations provoke a tension between attraction and constraint. Elements drawn from industrial or capture registers—steel, chains, hooks—introduce a dimension of concrete violence. They refer to practices of control and highlight the subjugation of living beings.

By staging a return to a larval state, Gabrielle Lerch underscores a fundamental connection to water, envisioned as a primordial medium and vector of mutation. Her universe conjures a future populated by belugas, sea slugs, jellyfish, and other tentacled creatures. It suggests that human survival implies overturning relations of domination by allowing ourselves to be colonized by aquatic beings.

Here, metamorphosis relates to a form of “biohumanism” that implies a slowing down, a voluntary collapse. Contrary to logics of growth, regressing becomes a way to escape the injunction of development and to inhabit the world.